Vous êtes ici : Accueil > Actualités

Actualité


Les églises : l’art contemporain pour religion

2 septembre 2008 , mise à jour: 25 novembre 2008.

A découvrir le 13 septembre.

Depuis près de dix ans, les églises Sainte-Croix et Saint-Georges ont fait l’objet d’une lourde restauration. A l’abandon ou presque depuis les années 60-70, elles ont subi tous les outrages du temps. Il aura fallu encore dix-sept années entre leur classement aux Monuments historiques en 1984 et le début de la grande restauration entreprise via une commande publique en 2001. Le 13 septembre, elles prendront officiellement leur nouvelle fonction, celle d’un centre d’art contemporain.
Ces églises font partie des rares vestiges visibles de l’abbaye royale créée par Clotilde au VI e siècle. Elles sont les témoins de près de 1500 ans d’histoire locale.





1. Toute une histoire

Si les premières traces d’occupation du sol chellois remontent à la pré-histoire, le développement et la notoriété de la commune sont bien liés à Clovis et Clotilde, qui au début VIe siècle, y installent une villa royale.



C’est à la mort de Clovis que Clotilde décide de s’installer à Chelles. Elle y fonde un couvent et fait édifier l’église Saint-Georges.

La ville connaît un fort rayonnement et les souverains mérovingiens y effectuent de nombreux séjours. Centre de décisions du pouvoir royal, cité qui abrite archives et trésors royaux, Chelles avait alors toutes les fonctions dévolues à une capitale, elle est d’ailleurs à l’époque farouchement protégée.
Un siècle plus tard, c’est la reine Bathilde, veuve de Clovis II, qui rejoint Chelles après avoir exercé une courte régence. Le modeste couvent de Clotilde va alors devenir une vraie abbaye. Bertille sera la première abbesse.
Au VIIIe siècle, une nouvelle abbaye se développe grâce à l’abbesse Gisèle, soeur de Charlemagne. Les nouveaux bâtiments seront édifiés plus à l’Est, à l’emplacement de l’hôtel de ville d’aujourd’hui. L’ancien couvent est alors confié aux moines. Au XIIe siècle, l’église Saint-Georges, de style roman, est constituée d’une nef et de collatéraux. En 1254, une réfection est entreprise, seule la nef sera conservée et un choeur gothique sera réalisé. L’arc, entre le choeur et la nef est bouché. Au XVIe siècle, deux églises bien distinctes coexistent  : Sainte-Croix pour les religieux et Saint-Georges pour les paroissiens.

Des bâtiments à vocations multiples

En 1794, après la Révolution, l’abbaye royale est divisée en parcelles, celles-ci vont être revendues au titre des biens nationaux. C’est ainsi que se scelle le destin des églises qui deviendront tout à tour : auberge, greniers, granges, lieux d’habitation, commerces … et ce jusque dans les années 60.
En 1970, en pleine crise du logement, alors que la Ville entreprend de rénover le quartier Gambetta, les églises, elles, ne font pas partie du projet.
Elles se dégradent lentement, seules les associations attachées au patrimoine local s’investissent pour tenter de sauver les édifices et posent des étais pour soutenir les murs.
En 1974, Sainte-Croix et Saint-Georges sont inscrites à l’inventaire des Monuments historiques et y seront classées dix ans plus tard. Il leur faudra encore attendre dix-sept ans avant qu’une municipalité se penche vraiment sur leur sort. En 1999, la municipalité engage les premiers travaux et en 2001 l’Etat la suit via une procédure de commande publique.
Et là, c’est une autre histoire qui commence …

Les dates clés

Début VIe siècle : Clovis, roi des Francs Saliens et la reine Clotilde séjourne à Chelles dans une villa royale. Une fois veuve, Clotilde se retire à Chelles, elle y fonde un couvent et l’église Saint- Georges.
Milieu du VIIe siècle (661-662) : c’est Bathilde, la veuve de Clovis II qui fonde au même endroit un monastère féminin dédié à la Sainte-Croix.
- VIIIe siècle : Gisèle, soeur de Charlemagne entreprend de construire une seconde abbaye plus à l’Est (sur l’emplacement actuel de la mairie), l’ancien couvent est confié aux moines.
- 1254 : une rénovation conduit à la création de deux églises. Sainte-Croix est alors réservée aux religieux et Saint- Georges aux paroissiens.
- 1796 : l’abbaye est divisée en plusieurs parcelles et vendue au titre des biens nationaux, les églises en font partie.
- De 1801 au début du XXe siècle, les églises sont transformées en fonction de l’activité qu’elles accueillent : auberge, granges, greniers, habitations, commerces.
- 1970 : la démolition du "Vieux Chelles" et la construction du nouveau quartier Gambetta transforme totalement l’environnement urbain des églises qui à partir de ce moment n’abritent plus aucune activité.
- 1974 : Sainte-Croix et Saint-Georges sont inscrites à l’inventaire des Monuments historiques.
- 1984 : les églises sont classées Monuments historiques.
- 1999 : début des premiers travaux de restauration.
- 2001 : lancement de la procédure de commande publique. Martin Szekely, designer et Marc Barani, architecte, seront chargés de l’aménagement intérieur et des abords des églises qui seront dédiées à l’art contemporain.

La légende de Saint-Georges

Saint-Georges est un martyr chrétien ayant vécu au IVe siècle. Selon la légende, ce chevalier aurait sauvé la ville de Beyrouth en la délivrant d’un dragon qui exigeait la vie de deux jeunes habitants tous les jours. En triomphant du dragon, avec l’aide du Christ, Saint-Georges aurait sauvé la fille du roi. Quant à l’animal seulement blessé pendant la bataille, il se serait attaché à Georges et l’aurait suivi comme un chien fidèle. Après la publication d’édits contre les Chrétiens de Dioclétien, Georges est emprisonné. Il sera supplicié mais ne reniera pas sa foi, il sera finalement décapité. Sa légende se répandra à travers le monde grâce aux Croisades.

2. Une renaissance

En 1999, la Ville se lance dans la rénovation des églises Sainte-Croix et Saint-Georges. Déjà se dessine un projet lié à l’art contemporain. En 2001, l’Etat, séduit par le concept, l’inscrit au titre de la commande publique. Ainsi, le site, destiné à accueillir des oeuvres d’art, en sera une également à sa façon.

En effet, la procédure de commande publique associe l’Etat et ses différents partenaires – collectivités territoriales, établissements publics ou privés – en ayant pour objectif le développement du patrimoine national. De nouvelles oeuvres d’art voient ainsi le jour régulièrement. Dans le cadre du projet des églises, la réalisation de cette commande publique a été confiée à Martin Szekely, designer et Marc Barani, architecte. Intervenir sur le site mais simplement, tel sera la ligne de conduite des hommes tout au long du chantier. La simplicité voire la discrétion vont régner. Des lignes pures, la transparence, des matériaux simples le verre, la chaux, la pierre … Les concepteurs ont gardé à l’esprit qu’ils allaient travailler sur un ancien lieu de culte et à la mise en valeur d’oeuvres artistiques. Il leur fallait donc respecter le site et lui permettre de sublimer ce qu’il allait accueillir.

Les temps forts

- 1999 : la Ville, forte d’un vrai projet qui consiste à créer une salle d’exposition dédiée à l’art contemporain, engage les premiers travaux de réhabilitation des églises Sainte-Croix et Saint-Georges.
- 2001 : la qualité du projet est reconnue et s’inscrit dans une procédure de commande publique. Martin Szekely, designer et Marc Barani, architecte sont désignés pour travailler ensemble sur le futur centre d’art contemporain.
- 2005 : alors que les travaux ne sont pas encore achevés, les premiers artistes invités exposent à Chelles. La préfiguration du centre est lancée. Nathalie Brevet et Hughes Rochette en 2005, Véronique Ellena en 2006, Nicolas Floc’h en 2007 et 2008, Cyprien Gaillard en 2008 ont fait vivre l’art contemporain dans la ville trois ans avant l’ouverture du centre.
- 13 septembre 2008 : la commande publique sera inaugurée et le centre accueillera officiellement de nouveaux artistes, Angela Detanico et Rafael Lain le 27 septembre.



L’intervention

Ethique et esthétique, c’est ainsi que l’on pourrait qualifié l’intervention pratiquée sur les églises. Respect du lieu, de son passé comme de son devenir.
A l’extérieur tout d’abord, la volonté était de faire faire au visiteur un parcours initiatique permettant la découverte des volumes des édifices. Le traitement du parvis est en lien avec l’existant et avec le projet urbain de la Ville qui construira à proximité des églises un gymnase nouvelle génération. C’est donc un traitement minéral sur de grandes plaques de béton qui a été retenu.
A l’intérieur, afin de respecter les oeuvres qui vont être exposées et de "neutraliser" le site, les vitraux totalement transparents concourent à cet effet (voir encadré). Ces vitraux peuvent par ailleurs être occultés totalement ou en partie.
Par ailleurs, les salles sont équipées d’éclairage artificiel et de production de son. L’espace, volontairement laissé vide, est entièrement à la disposition des artistes et du public qui investiront le lieu.

"Les églises s’éclairent d’elles-mêmes de l’intérieur. Vue de l’extérieur, c’est un appel à venir." Martin Szekely

Vitraux ou verrières

Finalement, les vitraux du passé seront remplacés par des verrières. Place à la transparence, ainsi en ont décidé Martin Szekeky et Marc Barani. Leur imagination prendra forme grâce à des artisans verriers chevronnés et spécialisés dans le design et l’architecture.
C’est un verre extra blanc trempé, résistant aux intempéries, qui a été utilisé accompagné d’inox et de mortier à la chaux pour la fixation. Les emplacements des vitraux, tous différents et irréguliers ont nécessité un travail de précision sur mesure. Pour les ouvertures les plus grandes, plusieurs plaques de verre ont été posées raccordées entre elles par des pattes sur trèfles métalliques.
Le vitrage dans les ouvertures est fixé par une "serrurerie fine", des feuillures en inox encastré dans la pierre.

"Il fallait arriver à faire juste ce qu’il faut pour que le lieu existe et que les artistes puissent y intervenir, sans que la question de l’église ou du sacré se pose vraiment." Marc Barani

3.Découvertes

Sorties de leur léthargie, les églises, centre d’art contemporain vont revivre avec leur temps voire-même prendre quelques longueurs d’avance …



Si l’art contemporain n’a pas la réputation d’être accessible à tous, c’est le pari contraire qu’a pris la municipalité. En réhabilitant les églises, situées en plein centre-ville et en les dédiant à cet art dit élitiste, elle offre la possibilité à tous d’aller à sa découverte en les accompagnant grâce à des dispositifs spécifiques à chaque public. Pour les scolaires, l’expérience se vit en quatre temps : à chaque exposition, les enseignants sont invités à une pré-visite, les enfants eux parcourront les lieux pour le découvrir, ils seront accompagnés et le dialogue avec leur guide sera permanent et afin de mieux comprendre ce qu’ils ont vu et perçu, un atelier de pratiques artistiques leur sera proposé.Toutes les visites étant bien entendu adaptées à l’âge des élèves.

Ouvert à tous

En libre accès ou en visite accompagnée, le centre d’art contemporain sera ouvert du vendredi au dimanche de 14 h à 18 h. Et si les Chellois les plus curieux ont déjà fait un pas vers les églises, pour les autres, c’est l’art contemporain qui est allé vers eux. En effet, depuis 2005, le centre d’art est entré en phase de préfiguration et a déjà accueilli six artistes et pour deux d’entre eux, leurs oeuvres sont toujours visibles et même audibles. Il s’agit de Nicolas Floc’h dont l’oeuvre, "Plateforme" est installée dans le parc depuis plusieurs mois, et de Cyprien Gaillard dont le film "Real remnants of fictive war I" (Vestiges réels de guerres fictives) est toujours projeté dans les églises et qui clôture la saison 0.
Le 27 septembre, la saison 2008-2009 démarrera officiellement avec Angelica Detanico et Rafaël Lain qui présenteront "Mean Sun" (voir encadré). Pour cette première année, les Eglises, centre d’art contemporain, proposeront d’aller à la rencontre de jeunes artistes qui évoluent dans des univers différents. Raphaël Grisey, Raphaël Zarka, Cyprien Gaillard et Marie Legros se partageront le temps et l’espace de décembre 2008 à juillet 2009.

Du 28 septembre au 14 novembre : Mean Sun

Ils ouvrent la première saison d’expositions du centre d’art contemporain, Angela Detanico et Rafaël Lain présenteront Mean Sun. Ces artistes brésiliens travaillent ensemble depuis plus dix ans. Tous deux graphistes de formation, ils aiment jouer avec le langage, l’écrit, les mots et les codes qu’ils détournent pour en faire une image délivrant un nouveau message…
Pour Chelles, Angela Detanico et Rafaël Lain vont entraîner le visiteur dans un autre de leur univers : le temps et ses représentations spaciales. Mean Sun qui associe installation et animation numérique projetée, fait référence au concept astronomique de soleil moyen, un astre virtuel qui se déplace toujours à la même vitesse sur l’équateur et qui permet de définir une mesure du temps invariable. Etonnant non ?

Les premiers rendez-vous du centre d’art

Samedi 13 septembre de 10 h à 11 h 30 : salle du conseil municipal, rencontre publique autour de différents projets de commandes publiques associant des sites valorisés et leurs missions d’accueil de productions artistiques contemporaines, en présence de Martin Szekely pour l’aménagement des églises de Chelles et de Ronon et Erwan Bouroullec pour la Maison flottante du CNEAI de Chatou.
Samedi 13 septembre 11 h 30 : inauguration officielle de la commande publique.
Samedi 13 septembre de 14 h à 18 h : accueil sur le site, médiation adultes et ateliers enfants.
Dimanche 14 septembre de 14 h à 18 h : accueil sur le site, médiation adultes et ateliers enfants.
Lundi 15 et mardi 16 septembre de 14 h à 18 h : accueil sur le site, médiation adultes.
Mardi 16 septembre à 20 h 30 : projection du documentaire de Jean-Paul Fargier, "Qui commande quoi" au cinéma Cosmos.
Entrée libre.
Mercredi 17 et jeudi 18 de 14 h à 18 h : accueil sur le site, médiation adultes.
Vendredi 19 septembre de 14 h à 18 h : accueil sur le site, médiation adultes et à partir de 17 h et jusqu’à 18 h : rencontre avec l’équipe du centre d’art contemporain, de 18 h à 20 , nocturne de la médiation adultes et conférence sur l’histoire de cette commande publique par Eric Degoutte.
Samedi 20 septembre de 10 h 30 à 17 h, dans le cadre des journées du patrimoine : ateliers d’animation pour les enfants.
Dimanche 21 septembre dans le cadre des journées du patrimoine de 10 h 30 à 15 h 30, atelier enfants. A 16 h, conférence tout public par Christian Charamond et Eric Degoutte.
Lundi 22, mardi 23 et mercredi 24 septembre de 14 h 18 h : accueil sur le site et médiation adultes.
Samedi 27 septembre à 11 h 30 : inauguration du centre d’art par la Ville et vernissage de l’exposition d’Angela Detanico et Rafaël Lain.

Renseignements pratiques et contacts

Les églises, centre d’art contemporain Rue Eterlet Horaires d’ouverture au public : du vendredi au dimanche de 14 h à 18 h.
Entrée libre et accessible aux personnes à mobilité réduite.
Accompagnement des publics :
Pour les scolaires, contact :
Aurélia Vespérini a.vesperini@chelles.fr
Pour les visites de groupes,
contact : Pedro Alves p.alves@chelles.fr





ImprimerEnvoyer à un amiHaut de la page
Site officiel de la ville de Chelles (Seine-et-Marne) - 2010