Développement durable : gros plan sur des fleurs

Depuis les années 1990 toute la sphère écologique connait une grande révolution. L’apparition du développement durable, la préservation de la biodiversité, la santé de la micro et de la macro faune et bien sûr des êtres humains se développe en permanence. Cette prise de conscience de l’importance de la nature et des ressources crée un bouleversement dans les pratiques des jardiniers professionnels mais aussi des particuliers.

Un des bouleversements est la programmation de l’arrêt de l’utilisation des produits phytosanitaires. En effet, utilisés dans la nature, ces produits ne sont pas biodégradés mais lessivés en grande partie, pour se retrouver ensuite dans les nappes phréatiques ou dans les rivières…. ces mêmes eaux que nous captons pour notre consommation d’eau. Et un produit qui tue une plante a forcément un impact sur les autres organismes. Dès cette prise de conscience, des actions progressives ont été menées. La finalité est un arrêt progressif, mais rapide, de l’utilisation des produits considérés comme dangereux. Et c’est en ce sens que la législation évolue depuis le 06 février 2014, date à laquelle le premier texte de loi règlementant l’utilisation des produits phytosanitaires a été votée. Les collectivités étant un des acteurs majeurs de l’utilisation des produits, mais pas les seules, elles sont les premières impactées par cette loi. Cette dernière stipule que les collectivités ne pourront plus utiliser de produits déclarés dangereux sur les voiries, les parcs, les jardins et les promenades ouvertes au public. Ci-dessous, les extraits de la loi qui imposent cette évolution :

« Il est interdit aux personnes publiques d’utiliser ou de faire utiliser les produits phytopharmaceutiques, pour l’entretien des espaces verts, des forêts, des voiries ou des promenades accessibles ou ouverts au public et relevant de leur domaine public ou privé. Cette interdiction ne s’applique pas aux traitements et mesures nécessaires à la destruction et à la prévention de la propagation des organismes nuisible.

Par exception, l’utilisation des produits phytopharmaceutiques est autorisée pour l’entretien des voiries dans les zones étroites ou difficiles d’accès, telles que les bretelles, échangeurs, terre-pleins centraux et ouvrages, dans la mesure où leur interdiction ne peut être envisagée pour des raisons de sécurité des personnels chargés de l’entretien et de l’exploitation ou des usagers de la route, ou entraîne des sujétions disproportionnées sur l’exploitation routière ».

Cette première partie de la législation entre en vigueur à partir du 1er Janvier 2017. L’impact de cette loi est très lourd de conséquence pour les collectivités. Elles doivent s’adapter en un laps de temps très court aux nouveaux moyens à mettre en œuvre, pour répondre aux exigences des administrés. Et cela passe aussi par une redéfinition de la notion d’un espace bien entretenu dans un contexte où le retour de la nature en ville est une priorité. Mais elles ne sont pas les seules impactées par la législation. Les particuliers aussi vont devoir faire face à ce changement puisque le texte de loi dit ensuite :

« La mise sur le marché, la délivrance, l’utilisation et la détention des produits pour un usage non professionnel sont interdite. Cette interdiction ne s’applique pas aux traitements et mesures nécessaires à la destruction et à la prévention de la propagation des organismes nuisibles ».

Initialement prévue pour 2022 pour les particuliers, l’application du texte a été avancée à 2019 pour les particuliers. Chacun va devoir s’adapter à de nouvelles méthodes de désherbage, dès l’application de la loi.

Bien sûr, il sera toujours permis d’utiliser les produits dit « biologique », mais il faut savoir que les doses de produits sont plus élevées et que les produits sont plus chers. Ne plus utiliser de produit phytosanitaire préservera notre santé et celle de nos enfants.

Pour la commune, l’arrêt de l’usage de produits phytosanitaires, va donc avoir un impact sur l’entretien des espaces publics. Le désherbage sera pour partie manuel à l’aide de binettes et pour partie effectué par du matériel spécifique, par exemple une balayeuse de voirie, équipée d’un bras désherbeur. Il faut donc s’attendre à voir apparaître ici ou là des mauvaises herbes, qui ne seront pas éradiquées dès leur apparition.